Le lundi après le mariage de Kéké

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Publié par Zhom | Classé dans Le zhom en vacances | Publié le 29-08-2018

Comme je vous l’expliquais dans mon précédent article, je suis parti à la mairie le lundi après la naissance du petit dernier pour déclarer la naissance.

J’arrive donc sur les coups de 10 heures, le livret de famille et nos pièces d’identité sous le bras.

« - Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous ?
- Mon fils est né samedi matin dans votre commune, je voudrais faire la déclaration de naissance.
- Dans notre commune ?
- Oui.
- Ohlala, faut que je cherche comment on fait ça.
- Je m’y attendais un peu, vous trouverez la réglementation dans les articles 55 à 57 du Code Civil.
- D’accord. »

Elle commence à pianoter sur son PC, me fait remplir une déclaration d’accouchement, le choix des prénoms de l’enfant, puis le début de ma dépression:

« - Il me manque juste un certificat médical pour attester de la naissance.
- Je n’en ai pas, il n’y avait ni médecin, ni sage-femme.
- Mais comment vous avez fait ?
- Je dois vraiment vous décrire un accouchement ?
- Non, mais bon, quand même, comment vous avez fait pour le placenta ?
- Ben ma femme l’a expulsé. Bref, j’ai pas de certificat médical.
- Mais il m’en faut un.
- Selon l’article 56 du Code Civil: « La naissance de l’enfant sera déclarée par le père, ou, à défaut du père, par les docteurs en médecine ou en chirurgie, sages-femmes, officiers de santé ou autres personnes qui auront assisté à l’accouchement », or il n’y avait que ma femme et moi, donc aucun médecin n’acceptera de me faire un faux.
- Je vais appeler la Mairie de Cherbourg, ils doivent savoir, eux.
- Donc l’avis d’une autre mairie est plus importante que le Code Civil ?
- Moi je lis partout sur Internet qu’il faut un certificat médical.
- Mais aucun médecin n’était présent donc aucun médecin n’acceptera de me faire un certificat de naissance. »

Je coupe court à la conversation et reviens avec la Madeleine et les 5 gosses à la mairie. On s’était dit qu’apporter le bébé devrait être une preuve suffisante.
Et bien non, s’en suit une discussion plus ou moins houleuse avec la secrétaire de Mairie bornée, le Maire qui suit sa secrétaire sans nous écouter, la Madeleine énervée qui suggère de rapporter son placenta et moi désespéré.
Au final, à la demande de la Madeleine, le Maire saisit le procureur, qui décide de mener une enquête de gendarmerie.

Le lendemain, les gendarmes viennent donc au gîte, complètement paumés, ne sachant comment mener leur enquête puisqu’on ne leur apprend pas à l’école de gendarmerie comment vérifier qu’un accouchement a eu lieu, les pauvres, je n’aimerai pas être à leur place.
On leur présente le bébé, le dossier de grossesse de la Madeleine et toutes pièces pouvant justifier de la grossesse, ils nous remercient et transmettront ce qu’ils ont collecté au procureur.
Devant notre mécontentement par rapport au comportement de la mairie, ils nous tempèrent un peu, disant que entre les enlèvements d’enfants et les GPA, la mairie avait raison de se méfier, d’autant plus qu’ils ne nous connaissaient absolument pas. On n’avait pas vu ça sous cet angle.

L’après-midi, ils nous rappellent, nous informent que le procureur reconnaît que l’enfant est bien le nôtre et que son acte de naissance sera prêt demain matin à la mairie.

Le lendemain je vais donc à la mairie où j’apprends que c’est la première naissance depuis 1967.

Cet enfant, qui est maintenant officiellement à nous, aura quand même, à même pas une semaine de vie, monopolisé une employé de mairie, un Maire, un procureur et 2 gendarmes (ainsi qu’une sage-femme, une conseillère en lactation et un cardiopédiatre [juste pour un avis, rien de grave]).


Crédit photo: Marie Houzot, une photographe en or ;)

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Kéké se marie

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Publié par Zhom | Classé dans Un morveux est né | Publié le 11-08-2018

Samedi 4 août, c’était le mariage de ma « belle »-sœur Claire a.k.a Kéké (les guillemets n’ont pas vocation à mettre en doute sa beauté, mais je la considère plus comme ma petite sœur que comme ma belle-sœur)

Nous avons donc réservé une maison à Saint-Pierre-Église sur Airbnb du 3 au 11 août, étant donné que le mariage se déroulait à 200km de chez nous.

Nous arrivons donc le 3 à 17h à notre gîte, prenons possession des lieux et hop ! tout le monde au lit à 20h, demain matin, c’est coiffeuse à 8h15 pour les filles.

À 4h50, la Madeleine me réveille: « Cœur, je perds les eaux … »
Et oui, rappelez-vous, le terme était prévu pour le 6 août. Mais comme cette connasse de Caroline avait parié sur le 4 août et qu’elle ne se trompe toujours que de quelques heures …
Je réponds donc à la Madeleine :
 » – Si ça se trouve, on a 24h devant nous comme pour Ézéchiel …
- Euh non, vu les contractions que je me tape, c’est pour aujourd’hui. »

La Madeleine, se lève, s’assoit sur son ballon, la tête posée sur la table, et commence à osciller du bassin, plus de doute, c’est pour aujourd’hui. Je me rendors donc un peu, me réveille à 5h30, vais la voir, je lui effleure le dos, la réponse est immédiate:  » ME TOUCHE PAS !!! »
OK, on n’en a donc plus que pour 2 ou 3 heures.

6h45: « Je veux aller sous la douche »
Le travail avance donc bien, je mets l’eau à couler et lui installe le ballon sous la douche.

7h00: j’appelle « belle »-maman (même principe)
« - Le travail a commencé, vous pouvez passer prendre les enfants pour emmener les filles au coiffeur ?
- OK, j’arrive »
Je lève les enfants, les fais déjeuner, leur annonce l’imminence de la naissance. Esaïe fait la gueule, elle voulait couper le cordon, mais elle veut aussi lancer des pétales de fleurs avec Zoé.

7h30: belle-maman arrive, fait un bisou à sa fille et embarque les morveux.
Au même moment, la Madeleine veut aller aux toilettes. Je l’extraie donc de la douche et l’accompagne jusqu’aux commodités. 10 minutes après, elle m’appelle avec un ton désespéré. J’arrive et me prends un fou rire, elle est assise sur les toilettes (exiguës), une jambe de chaque côté de la porte.
« Je suis coincée, je peux plus sortir, je veux pas accoucher sur les chiottes ! »
Je lui explique de refermer la porte, mettre les 2 jambes sur le côté et rouvrir la porte.
« Je peux pas, j’ai mon ventre entre mes jambes ! »
Je l’aide donc à se lever et à sortir tant bien que mal.

Je lui demande où elle veut aller.
« J’en sais rien, je veux juste qu’il sorte ! »
Je ramène donc bâche, plaid et ballon dans le couloir où s’enchaînent pléthore de positions et d’interjections comme « Je veux aller à l’hôpital ! » ou « Qu’est-ce que j’ai été con de pas faire de dossier anesthésiste à Cherbourg, j’aurais pas de péridurale ! »
La phase de désespérance est là, c’est bon signe, ça ne devrait plus tarder. Je la ramène à la réalité, lui rappelle qu’il est trop tard pour aller où que ce soit et de se concentrer sur ses contractions.

Elle trouve finalement sa position, accroupie, agrippée à moi, épaule contre épaule, tête contre tête, main dans la main, comme à chaque naissance finalement. Je sais pas pourquoi elle s’emmerde toujours à  chercher une position pendant 2 heures alors que ça finit toujours pareil.

Une poussée, 2 minutes de repos, seconde poussée, la tête s’engage. Je sens la Madeleine réinspirer un grand coup et réenchainer une poussée aussitôt.

Et voilà, je le sens tomber dans mes mains, je l’amène sur le torse de sa mère, on chiale comme des madeleines de bonheur, je les emmitoufle dans le plaid, prends la première photo du petit Isaac, il est 8h44.

5 minutes après, la Madeleine veut aller s’allonger, seul hic, le cordon est très court. Je l’aide à se relever et aller jusqu’au lit, le petit prend sa première tétée. Je clampe le cordon, le coupe et recouvre tout se petit monde de couvertures.

À 13h, la Madeleine me dit « je veux voir ma sœur se marier à l’Église ».
J’habille le petit bout, prépare tout, à 14h30 on grimpe dans la voiture.
À 15h15, on arrive à Acqueville, les mariés sortent de la mairie.
Claire fond en larmes en voyant sa sœur et son neveu. La Madeleine fond en larmes en voyant sa sœur en mariée.

Nous sommes pile à l’heure pour la cérémonie à l’Église. Une cérémonie joyeuse et riche en émotions. Je lis le discours de la Madeleine aux mariés à sa place (ce qui n’est que justice puisque c’est moi qui l’avais écrit).
Après la cérémonie nous regagnons le calme de notre gîte.

J’irais le déclarer à la mairie lundi … Mais ça c’est une autre histoire.

 

 

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