Venez pour eux.

0

Publié par Zhom | Classé dans Gniiiiiiiii | Publié le 28-01-2018

Mardi 30 janvier 2018, des milliers d’aide-soignants, d’infirmières, d’agents de service de France vont se mettre en grève. Essentiellement dans les EHPAD, les autres, comme moi, par solidarité avec leurs collègues.

Pourquoi ? Parce que les EHPAD craquent … Les effectifs se réduisent, la charge de travail augmente, mais ça on y est habitués depuis longtemps. Les holdings de la gériatrie veulent toujours plus de profit. Le problème c’est que la charge de travail s’est tellement alourdi que les résidents en pâtissent dorénavant. Douche hebdomadaire, toilette VMC (Visage, mains, cul), repas aux lance-pierre. autant de raisons pour que je refuse dorénavant de  travailler en EHPAD sauf certaines où je sais que je pourrais travailler correctement, et elles se font rares. Henderson et Maslow doivent se retourner dans leur tombe.

Donc mardi, des soignants descendent dans la rue, non pas parce qu’ils ne supportent plus leur charge de travail délirante, mais pour leurs patients qu’ils ne peuvent plus prendre en soin correctement, parce que pour les soignants, le patient est plus important que soi-même, ils le prouvent chaque jour à continuer à tenir le cap dans des conditions de travail inacceptables, au bord du burn-out par conscience professionnelle.

Mardi, ils ne seront pas dans la rue à vous « prendre en otage par caprice », non il le seront pour se battre pour un retour de la dignité et de l’humanité dans les EHPAD. Ils le seront pour donner la voix à ceux qui n’en ont plus, à ceux que la maladie fait oublier leurs droits inaliénables à l’humanité, à ceux qui ne peuvent pas descendre dans la rue parce qu’ils n’ont plus la force de faire rouler leur fauteuil, à ceux qui ne seront pas levés car on n’a pas le temps de lever un GIR 1.

Ils seront dans la rue pour le droit à la dignité de vos parents, de vos grand-parents, de vos arrière-grand-parents ainsi qu’à votre avenir, car ne l’oubliez pas, vous et vos proches êtes tous les résidents de l’EHPAD de demain.

Alors venez avec nous, dans la rue, pour se battre pour une fin de vie digne !

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
Share

Une étape franchie.

4

Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 24-01-2018

Je n’avais rien écrit depuis longtemps, ça faisait maintenant plus de 2 ans qu’il était fermé. Pas le temps, plus l’envie, je ne sais pas trop.
Mais aussi, je saturais totalement des conseils de régimes frutivores ou de consultations d’énergéticien à distance pour les problèmes de santé de la micro. En parallèle, le micro marchait à pieds joints dans les pas de sa sœur. J’ai donc claqué la porte du blog, lassé de lire des âneries pareilles face au dramatique de la situation.

Après mûre réflexion, j’ai décidé de reprendre sa rédaction mais en complétant grandement ma biographie. La partie trop personnelle, celle que l’on appréhende d’écrire, mais il faut partager ses expériences personnelles, car au final, c’est au travers de ces expériences que l’on s’est forgé et que l’on est devenu celui que l’on est.
J’ai aujourd’hui 31 ans, à 11 mois, mes parents m’ont fait baptiser dans la foi catholique pour faire plaisir à ma grand-mère.
Ce jour-là, conformément à la tradition, on m’a attribué un parrain, celui qui doit être le garant de mon éducation religieuse.

Il ne m’a jamais rien appris de la foi, en revanche il a su abuser sexuellement de moi. De nombreuses fois.
Quand on a entre 5 et 10 ans on ne réalise pas le problème, juste que « c’est un secret entre nous », plus tard quand on commence à comprendre, on réalise que c’était pas normal et paradoxalement, on a honte de soi, de son corps. Alors on cherche à s’en échapper. Moi, j’ai trouvé la drogue pour m’évader. Le problème avec ça, c’est que plus on s’évade, plus on veut partir loin. À 12 ans je fumais mon premier joint, à 13 ans je gobais mes premiers ecstasy à 15 mon premier rail de speed.

À 16 ans, j’ai fini au poste pour trafic de stupéfiant, étant mineur j’ai juste été contraint à suivre une désintoxication, quelques semaines plus tard, un de mes meilleurs amis faisait une overdose, ça m’a motivé à ne pas reprendre. Ceci dit, le Prozac, même sur ordonnance ça reste une drogue, ça a duré 2 ans avant que la psychiatre me juge stable et arrête le traitement.
Le problème c’est qu’une fois sevré, on se rappelle pourquoi on avait besoin de se droguer, du coup, j’ai recommencé à me laisser aller, privilégiant les soirées bien arrosées aux études. Enfin je pense, puisque j’en ai oublié la majorité.

Et un jour j’ai rencontré une fille, sa seule vue m’a broyé le cœur, il n’y avait plus de doute, c’était la femme de ma vie, mais celle-ci c’était une fille bien, si je voulais la garder fallait que je me calme. Mais comme toujours, les vieux démons sont revenus tourner dans mon crâne. Voyant que je ruminais des choses dans mon cœur, elle a su au fil du temps me faire parler de tout mon passé, et pour la première fois, je trouvais quelqu’un qui voulait m’aider.

En 2014, je trouvais enfin la force de porter plainte contre mon oncle et au fur et à mesure que j’avançais contre mes démons, le sort s’acharnait contre nous, ma famille me tournait le dos essayant de me dissuader de maintenir ma plainte, invoquant des arguments gerbants, la santé d’Esaïe s’aggravait, le chômage s’installait. Je suis passé de la honte, sentiment absurde et éternel ressenti par toutes les personnes abusées sexuellement à la peur et à la haine. Peur de ce qui nous attendait encore, haine de tous ceux qui s’acharnait à vouloir me faire reculer.

La situation devenait si dure que notre couple était mal en point, un jour je suis allé trop loin, elle a pris les enfants et elle est partie. Je me suis effondré, j’avais tout perdu.

Pour la première fois, j’ai levé les yeux au ciel et j’ai prié : « Mon Dieu s’il te plaît, si tu existes, ramène les moi, je n’ai plus qu’eux comme raison de vivre, je ne le supporterai pas. » 5 minutes après ils passaient le seuil de la porte. J’étais soulagé et j’ai choisi de croire à une coïncidence.

Ensuite, la Madeleine a restauré petit à petit sa Foi, jusqu’à choisir d’être baptisée l’été dernier.
Le matin de son baptême, j’étais chez une patient avec qui j’évoquais les problèmes de santé de mes enfants puisque ce patient a la même maladie génétique que mes 2 petits. Et mon patient me sort, spontanément, « tu sais Brice, si tu veux que Jésus t’aide il te suffit de lui demander. Est-ce qu’il t’a aidé la dernière fois que tu lui as demandé de l’aide ? »

J’ai alors compris que ce jour de malheur il n’y avait eu aucune coïncidence mais que Dieu m’avait prouvé son existence et qu’il suffisait de croire en lui pour qu’il m’apporte tout son amour, que ce jour on allait baptiser ma femme mais aussi que Dieu me montrait que cette église dans laquelle j’allais rentrer ce jour était celle où il voulait me voir puisqu’il avait attendu jusque là pour se révéler à moi.

Le 25 octobre 2017 en allant me coucher, j’ai demandé à Dieu de m’aider à panser cette plaie qui me pollue la vie depuis si longtemps. Le lendemain, un gendarme m’appelle pour me signifier la mise en détention provisoire de mon oncle en attendant son procès en mars 2018.

J’étais enfin arrivé au bout de ce combat, enfin pas tout à fait, elle restait une marche non négligeable à gravir. Cette annonce avait écrasé toute la haine, la peur,  la honte que je ressentais, mais laissant la place à la rancœur. La rancœur, ce sentiment qui vous laisse un goût amer dans la bouche. La rancœur envers tous ceux qui se sont dressés contre moi.
Après beaucoup de travail sur moi, j’ai réussi à leur pardonner, je n’oublie pas, loin de là. Mais je leur pardonne leur égoïsme, leur peur de ce que les gens pourraient dire d’eux, victimes d’une famille malsaine. J’ai même pitié d’eux. Alors, j’ai prié pour eux, pour leur rédemption, pour leur repentance.

Je suis serein, j’ai un appui à mes côtés,  »il nous réconforte dans toutes nos détresses afin que nous puissions réconforter ceux qui se trouvent dans la détresse, grâce à l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu. » 2 Corinthiens 1:4

 


Rendez-vous sur Hellocoton !
Share