Une étape franchie.

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 24-01-2018

Je n’avais rien écrit depuis longtemps, ça faisait maintenant plus de 2 ans qu’il était fermé. Pas le temps, plus l’envie, je ne sais pas trop.
Mais aussi, je saturais totalement des conseils de régimes frutivores ou de consultations d’énergéticien à distance pour les problèmes de santé de la micro. En parallèle, le micro marchait à pieds joints dans les pas de sa sœur. J’ai donc claqué la porte du blog, lassé de lire des âneries pareilles face au dramatique de la situation.

Après mûre réflexion, j’ai décidé de reprendre sa rédaction mais en complétant grandement ma biographie. La partie trop personnelle, celle que l’on appréhende d’écrire, mais il faut partager ses expériences personnelles, car au final, c’est au travers de ces expériences que l’on s’est forgé et que l’on est devenu celui que l’on est.
J’ai aujourd’hui 31 ans, à 11 mois, mes parents m’ont fait baptiser dans la foi catholique pour faire plaisir à ma grand-mère.
Ce jour-là, conformément à la tradition, on m’a attribué un parrain, celui qui doit être le garant de mon éducation religieuse.

Il ne m’a jamais rien appris de la foi, en revanche il a su abuser sexuellement de moi. De nombreuses fois.
Quand on a entre 5 et 10 ans on ne réalise pas le problème, juste que « c’est un secret entre nous », plus tard quand on commence à comprendre, on réalise que c’était pas normal et paradoxalement, on a honte de soi, de son corps. Alors on cherche à s’en échapper. Moi, j’ai trouvé la drogue pour m’évader. Le problème avec ça, c’est que plus on s’évade, plus on veut partir loin. À 12 ans je fumais mon premier joint, à 13 ans je gobais mes premiers ecstasy à 15 mon premier rail de speed.

À 16 ans, j’ai fini au poste pour trafic de stupéfiant, étant mineur j’ai juste été contraint à suivre une désintoxication, quelques semaines plus tard, un de mes meilleurs amis faisait une overdose, ça m’a motivé à ne pas reprendre. Ceci dit, le Prozac, même sur ordonnance ça reste une drogue, ça a duré 2 ans avant que la psychiatre me juge stable et arrête le traitement.
Le problème c’est qu’une fois sevré, on se rappelle pourquoi on avait besoin de se droguer, du coup, j’ai recommencé à me laisser aller, privilégiant les soirées bien arrosées aux études. Enfin je pense, puisque j’en ai oublié la majorité.

Et un jour j’ai rencontré une fille, sa seule vue m’a broyé le cœur, il n’y avait plus de doute, c’était la femme de ma vie, mais celle-ci c’était une fille bien, si je voulais la garder fallait que je me calme. Mais comme toujours, les vieux démons sont revenus tourner dans mon crâne. Voyant que je ruminais des choses dans mon cœur, elle a su au fil du temps me faire parler de tout mon passé, et pour la première fois, je trouvais quelqu’un qui voulait m’aider.

En 2014, je trouvais enfin la force de porter plainte contre mon oncle et au fur et à mesure que j’avançais contre mes démons, le sort s’acharnait contre nous, ma famille me tournait le dos essayant de me dissuader de maintenir ma plainte, invoquant des arguments gerbants, la santé d’Esaïe s’aggravait, le chômage s’installait. Je suis passé de la honte, sentiment absurde et éternel ressenti par toutes les personnes abusées sexuellement à la peur et à la haine. Peur de ce qui nous attendait encore, haine de tous ceux qui s’acharnait à vouloir me faire reculer.

La situation devenait si dure que notre couple était mal en point, un jour je suis allé trop loin, elle a pris les enfants et elle est partie. Je me suis effondré, j’avais tout perdu.

Pour la première fois, j’ai levé les yeux au ciel et j’ai prié : « Mon Dieu s’il te plaît, si tu existes, ramène les moi, je n’ai plus qu’eux comme raison de vivre, je ne le supporterai pas. » 5 minutes après ils passaient le seuil de la porte. J’étais soulagé et j’ai choisi de croire à une coïncidence.

Ensuite, la Madeleine a restauré petit à petit sa Foi, jusqu’à choisir d’être baptisée l’été dernier.
Le matin de son baptême, j’étais chez une patient avec qui j’évoquais les problèmes de santé de mes enfants puisque ce patient a la même maladie génétique que mes 2 petits. Et mon patient me sort, spontanément, « tu sais Brice, si tu veux que Jésus t’aide il te suffit de lui demander. Est-ce qu’il t’a aidé la dernière fois que tu lui as demandé de l’aide ? »

J’ai alors compris que ce jour de malheur il n’y avait eu aucune coïncidence mais que Dieu m’avait prouvé son existence et qu’il suffisait de croire en lui pour qu’il m’apporte tout son amour, que ce jour on allait baptiser ma femme mais aussi que Dieu me montrait que cette église dans laquelle j’allais rentrer ce jour était celle où il voulait me voir puisqu’il avait attendu jusque là pour se révéler à moi.

Le 25 octobre 2017 en allant me coucher, j’ai demandé à Dieu de m’aider à panser cette plaie qui me pollue la vie depuis si longtemps. Le lendemain, un gendarme m’appelle pour me signifier la mise en détention provisoire de mon oncle en attendant son procès en mars 2018.

J’étais enfin arrivé au bout de ce combat, enfin pas tout à fait, elle restait une marche non négligeable à gravir. Cette annonce avait écrasé toute la haine, la peur,  la honte que je ressentais, mais laissant la place à la rancœur. La rancœur, ce sentiment qui vous laisse un goût amer dans la bouche. La rancœur envers tous ceux qui se sont dressés contre moi.
Après beaucoup de travail sur moi, j’ai réussi à leur pardonner, je n’oublie pas, loin de là. Mais je leur pardonne leur égoïsme, leur peur de ce que les gens pourraient dire d’eux, victimes d’une famille malsaine. J’ai même pitié d’eux. Alors, j’ai prié pour eux, pour leur rédemption, pour leur repentance.

Je suis serein, j’ai un appui à mes côtés,  »il nous réconforte dans toutes nos détresses afin que nous puissions réconforter ceux qui se trouvent dans la détresse, grâce à l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu. » 2 Corinthiens 1:4

 


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On ferait mieux de s’occuper de nos SDF plutôt que …

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 12-09-2015

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Je n’en peux plus d’entendre ce « On ferait mieux de s’occuper de nos SDF plutôt que des réfugiés ».
Déjà parce qu’une vie humaine est une vie humaine, et qu’aucune ne vaut plus qu’une autre, parce que « nos » SDF ne sont pas en train de fuir une guerre qui ravage leurs maisons (il n’en ont pas d’ailleurs), leurs familles, leurs amis, leur pays.
D’ailleurs on a des SDF en France qui sont d’anciens réfugiés.

En fait ce qui me soûle le plus c’est cet intérêt soudain de tous ces gens pour ces SDF qu’ils snobaient en toute conscience il y a une quinzaine de jours.
Parce qu’en vrai ces gens, ils n’en ont rien à branler des SDF, ils sont moches, ils puent et ils ont des puces. Mais bon, comme on voit venir une grosse vague de migrants désemparés, on essaie de se défendre comme on peut en trouvant des pauvres bien français à défendre.

Mais vous qui vous souciez tant de « nos » SDF, qu’avez-vous fait pour eux ces 20 dernières années ?
Vous leur avez sûrement donné une petite pièce, une fois, la monnaie de votre baguette, une pointe d’amertume dans la bouche: « Même si il va se saouler avec, au lieu de les utiliser intelligemment ».

Vous êtes-vous déjà arrêté à parler un moment avec ces gens ?
Ces gens qui squattent sauvagement les halls de banque la nuit, vous obligeant à vous rendre au distributeur d’après, parce qu’on ne sait pas ce qui peut se passer avec ces gens ivres.
Ah mais oui, la dernière fois vous avez payé des frais à cause de l’un d’eux parce que vous avez du aller à un distributeur autre que votre banque, ah les fumiers, et dire que vous leur avez donné une pièce à ces fumiers.

Avez-vous essayé une fois de vous intéresser à leur vie, à ce qui les a amené à cette situation ?
Cette situation de crève-la-faim, que vous avez si souvent qualifié de solution de facilité, parce que bordel, c’est pas compliqué de trouver du travail, ils n’ont qu’à être moins difficiles aussi.

Avez-vous déjà essayé de les aider en leur apportant une soupe chaude un hiver, en leur proposant de dormir chez vous une nuit ou deux, parce qu’il fait un putain de -15 °C cette nuit ?

Vous avez sûrement déjà fait un don aux restos du cœur, un paquet de pâtes, une bouteille d’huile, le cœur chargé de bienveillance … Mais vous êtes-vous déjà dit qu’ils avaient aussi la dalle l’été et pas que l’hiver ?

Mais là c’est différent, vous voyez arriver des migrants sur « nos frontières », et là c’est l’illumination : « Putain on a aussi des pauvres en France, on pourrait peut-être s’en occuper ! »
L’intention est louable, mais comment faire ? Oh je sais je vais balancer une photo d’un SDF bien crado sur Facebook avec une légende genre « On devrait aider nos SDF avec de s’occuper des réfugiés », ÇA ça va les aider.

Et puis dans 15 jours vous aurez déjà oublié, comme vous avez oublié que vous étiez Charlie il y a 8 mois …
Et tout le monde pourra reprendre sa petite vie teintée d’indifférence et d’une petite pièce en sortant de la boulangerie si la boulangère vous a rendu une pièce de 5 centimes.
Les SDF continueront à crever la dalle, les migrants qu’on aura accueilli malgré vos réticences pourront envoyer un peu d’argent (sûrement de l’argent de la CAF d’ailleurs, enfoirés d’assistés …) à leur famille, à leurs amis, restés là-bas, à qui on refuse l’asile parce qu’on a rempli les quotas de l’année.

Mais au moins vous aurez bonne conscience et aurez trouvé une autre raison de râler, le chômage, ou une de ces raisons saisonnières comme la prime de rentrée scolaire qui sert à acheter des TV plasma 180 cm.
Toutes ces putains de raisons gerbantes qu’on nous sert régulièrement pour se détester un peu plus mutuellement chaque année.

Les SDF sont des humains qui méritent qu’on les aide, mais certainement pas un instrument pour des idéologies gerbantes empreintes de haine, de xénophobie et d’intolérance. Arrêtez de partager, réfléchissez. Ça vous changera un peu.

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20 heures d’avance

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 21-06-2015

Il y a 20 mois environ, une médium vétérinaire nous a prédit la naissance de notre 4ème enfant.
En effet après la morveuse née le 29/12/2009 à 19h, le morveux le 20/10/2011 à 23h et la micro le 29/08/2013 à 9h, elle en a conclu que nous aurions un garçon le 20/06/2015 à 13h.

Ça nous avait bien fait sourire, jusqu’à la surprise en novembre dernier, d’un petit bout à venir pour juin … BIM ça pique, et c’est pas faute d’avoir tout fait pour l’éviter, mais c’est comme ça, c’est le karma …

Le lendemain, j’ai déjà relativisé, après tout, peu importe quand ça tombe ça reste un heureux événement non ?
La Madeleine le prend beaucoup moins bien, elle culpabilise énormément, notamment avec les soucis de santé de la Micromorveuse, elle craint un tarissement de lait, sachant que là est sa principale source d’alimentation efficace.
S’enchaîne alors une période très difficile pour toute la famille. Une fois les soucis de la Micro derrière nous, la Madeleine est beaucoup plus sereine et accepte beaucoup mieux sa grossesse.

À l’écho de datation, le pronostic tombe: DPA le 21/06/2015. Oh putain, Caro avait raison.

On trouve une Sage-Femme qui pratique les AAD à Rennes et qui se déplace jusque chez nous, ça fait loin certes, mais on a pas trouvé plus près. Et au cas où elle ne pourrait pas venir, on a toujours une maternité à 20 minutes d’ici.
Le truc génial c’est que le Week-end du 20-21 juin, elle est en vacances chez son beau-père à 5 km de chez nous, que demander de plus ?
Bref, tout se passe comme prévu …

C’était sans compter sur ce 18 juin où la Madeleine m’annonce vers 16h: « Mon cœur, je crois que je perds les eaux. », remarque à laquelle je sors un très naturel
« – Ah cool, t’as besoin de quelque chose ?
– Ben de quoi me changer, je pense que c’est juste une fissure et puis appeler Sophie pour la prévenir. »
Je pose donc ma scie sauteuse et file lui chercher ce qu’il faut. Pendant ce temps elle appelle la sage-femme, qui lui dit de la tenir au courant de l’évolution et qu’elle passera le 19 vers 14h si ça a pas évolué pour faire un monito et voir ce qu’il en est.

On la rappelle toutes les 6h pour faire un point, passent une vingtaine d’heures avec des contractions très anarchiques en intensité et en espacement.

La sage-femme arrive à 14h pétantes. Elle fait un monito, le bébé va très bien, les contractions sont effectivement anarchiques. Elle examine la Madeleine, le col est à 6-7, c’est en bonne voie. J’envoie un SMS à Julie, notre photographe qui est sur la route.

À 16h, Sophie m’appelle, la Madeleine veut se mettre dans sa baignoire. Je mets les grands devant un DVD de l’hypnotique âne Trotro et monte à l’étage.
L’eau coule, la Madeleine s’apprête à grimper dans la baignoire, mais une grosse contraction la foudroie, elle « tombe » à 4 pattes par terre, la contraction passe, puis une seconde. La Madeleine insiste pour aller dans la baignoire car elle a froid.
On la prend chacun sous un bras, elle arrive à grimper, se remet à 4 pattes dans la baignoire, les contractions arrivent les unes après les autres. Elle n’arrive pas à trouver sa position. Sophie s’efface, s’occupe des grands, nous laisse dans notre bulle.

Puis, alors qu’elle est accroupie face à moi, épaule contre épaule, joue contre joue, une très grosse contraction arrive, elle passe, la Madeleine a mal aux jambes, elle les retend et s’écroule sur mon dos, éreintée.

« J’en peux plus je vais pas y arriver. » Je la rassure, lui redonne du courage. Le travail reprend.
Je suis coincé entre ma femme et la baignoire, chaque contraction se fait en apnée puisqu’elle se replie sur elle même à chaque et me broie les côtes sur le bord de la baignoire, mais c’est bien peu de douleur par rapport à la sienne, et c’est futile puisqu’elle est bien comme ça et qu’elle arrive à pousser efficacement comme ça.

Je sens que la tête commence à avancer, je la redresse un peu, elle s’accroupit à nouveau, je demande à Sophie de se mettre devant elle pour la soutenir si besoin et grimpe -habillé- dans la baignoire, elle pousse, la tête arrive dans ma main.
La Madeleine prend une grande inspiration, elle pousse, et le voilà dans mes bras, je ne le vois pas, il est coincé entre les jambes de sa mère, emmêlé dans son cordon, Sophie le démêle vite fait, et le prend dans mes mains pour le donner à sa maman.

On vide la baignoire, on leur installe un petit nid douillet avec des couvertures.

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Je descend voir mes grands, leur dire que leur petit frère est né. Au même moment, ça frappe à la porte, Julie est arrivée un chouilla trop tard pour immortaliser l’accouchement. Mais les plus beaux moments sont encore à venir. Les grands montent avec nous tout doucement et timidement, leurs yeux pétillent en découvrant leur petit frère.
Le Morveux nous annonce alors « Il est beau mon petit frère, moi je l’aime bien. »

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Les enfants redescendent, je remonte couper le cordon et on accompagne la Madeleine jusqu’à son lit, son petit bonhomme dans les bras.
Une fois de plus j’ai pu accompagner ma femme comme il se doit pour mettre au monde notre enfant, mais on ne s’y fait toujours pas. C’est un moment tellement magique et si fort en émotion que c’est une redécouverte à chaque fois. Le plus beau cadeau de fête des pères dont on puisse rêver.

Maintenant, j’attends ………… la bouteille que me doit Caro pour son erreur de 20 heures.

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19 mois pour juste un nom

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 15-04-2015

Notre fille est née à terme, un accouchement sans complication, un beau bébé de 3kg980.

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Son frère étant APLV nous supprimons les protéines de lait de vache de notre alimentation depuis 4 mois maintenant.

Nous sommes sortis à J1 avec une petite fille qui dormait beaucoup mais tétait, le transfert de lait se faisait sachant que j’avais un REF très puissant et un bambin de 22 mois qui entretenait la lactation.

À 13 jours, toujours pas de reprise du poids de naissance. Les médecins nous mettent la pression et on essaye de complémenter (DAL, cuillère, seringue, tasse..). Ce sera un échec, car elle refuse d’avaler quoi que ce soit et si je fais de la compression du sein pendant les tétées elle vomit.

A J 21 enfin elle reprend son poids de naissance. La courbe de poids monte tout doucement, très doucement. Je ne comprends pas, le transfert de lait est là, j’ai du lait à foison (je me retrouve même avec des engorgements). Pour nous, c’est juste un bébé qui prends son temps pour grandir.

Vers 3 mois et demi, la courbe ralentit encore. On consulte plusieurs médecins qui nous disent tous de passer au biberon. On leur explique qu’elle n’arrive pas à téter au biberon mais on me rit au nez.

Nous cherchons un médecin avec un DIU en lactation humaine. Elle nous conseille de continuer l’allaitement à la demande et de commencer la diversification, elle a 4 mois et demi, c’est un échec car elle ne sait pas comment positionner sa langue.

Elle est hospitalisée à 4 mois et demi pour bronchiolite avec foyer pulmonaire sûrement d’inhalation. Je signale qu’elle est toujours enrhumée et qu’elle ronfle mais « c’est normal en hiver madame ». Elle perd bien sûr du poids. Nous sortons avec toujours comme consigne de diversifier.

Je participe à une formation allaitement maternel de mon association quand elle a 6 mois. Ce fut un choc pour moi, car je réalise qu’elle n’a pas une succion efficace, la consultante en lactation qui nous forme me confirme qu’elle ne sait pas téter. Le transfert est bien là grâce au grand frère et aussi au REF.
Elle me demande de soulever la langue de Esaïe, et y découvre un beau frein de langue. Je tente donc de trouver un médecin qui voudra bien lui couper. Échec partout car c’est un frein de type 4 et donc difficile à diagnostiquer. Je prends donc rdv à Paris avec un ORL réputé. Rdv dans 1 mois et demi.

La situation empire et son poids diminue. Je prends donc la décision d’aller aux urgences d’un petit hôpital. Le verdict tombe: elle est en dénutrition. Directement ils la mettent sous sonde naso-gastrique. Elle est nourrie la nuit en continue. Mais ne prend toujours pas de poids, elle arrête même de manger la journée.

Bien sûr tout devient la faute de l’allaitement ainsi que de ma relation très fusionnelle avec ma fille.
La nutrition est maintenant jour et nuit, uniquement au lait maternel enrichi. Le poids augmente un peu. Au bout d’une semaine et demi de sonde non stop et aucun aliment avalé par la bouche (je passe les forçages de l’équipe au bib et à la cuillère que j’ai vite fait stopper et qui accentuent la théorie de la mère toute puissante fusionnelle), elle attrape une gastro à rotavirus, magnifique maladie nosocomiale qui lui fait perdre du poids et aussi vomir tout le temps.

Je reste en contact avec la consultante en lactation au téléphone et elle me donne une piste, celle des troubles de l’oralité et il y aurait des orthophonistes qui diagnostiquent et rééduquent.
Les médecins refusent de suivre cette piste ainsi que d’explorer au point de vue physique (à part test allergique et bilan sanguin divers). Nous partons donc à la recherche d’un orthophoniste spécialisé.
Une amie (Merci Cécile) nous a trouvé une piste via une association. Ça prend un peu plus d’une semaine mais l’orthophoniste accepte de bousculer son planning et de venir à l’hôpital. La gastro est finie mais les vomissements continuent et le poids ne monte quasiment plus.

L’orthophoniste fait un bilan et détecte un problème de déglution et de succion. Et nous propose une rééducation. Nous acceptons, nous prenons aussi rdv avec la spécialiste des troubles de l’oralité du CHU. Les médecins eux refusent toujours de croire à cette piste qui selon eux surfe sur une nouvelle mode.
Le frein de langue est enfin coupé à Paris et la succion s’améliore un peu. J’exige de rentrer à la maison ou bien d’être mutée sur le CHU. Le retour à la maison est décidé. Avec la sonde naso-gastrique bien sûr. Les nutritions se passent toujours mal et des vomissements en jet continuent.
Elle ne dort plus du tout la nuit. Nous les supplions de faire quelque chose. Ils font un TOGD pour voir si pas de sténose du pylore, c’est négatif mais par contre un reflux est détecté mais mis sur le compte de la sonde donc minimisé.

Ne sachant plus vers qui se tourner, nous décidons d’aller aux urgences du CHU. Nous sommes très bien accueilli et le médecin responsable des troubles de l’oralité est informé de notre venue. Ils décident d’enlever la sonde pour reprendre une alimentation par la bouche car on avance un peu avec l’orthophoniste (on la nourrit au doigt et avec de la nourriture froide voir glacée pour déclencher de bonnes déglutitions).

Ce n’est toujours pas probant mais combiné aux quelques tétées elle ne perd plus de poids et arrive parfois à en prendre un peu. Elle sera suivi en externe par 2 pédiatres (un de ville et celle qui s’occupe des troubles de l’oralité).
Devant une stagnation de la taille et du poids, il est décidé qu’elle aura un bilan complet en hôpital de jour et ensuite une hospitalisation à Necker dans le service d’un professeur spécialiste des troubles de l’oralité au niveau national. Elle a 12 mois et vient tout juste de dépasser les 6 kg.

Le bilan en HDJ aura lieu 2 mois plus tard, avec recherche de carences (négative), d’allergies (négatives), un TOGD (RGO sus-carinaire avec angle de His ouvert). Même si le pédiatre ne croit pas au RGO malgré les preuves, il accepte de lui donner un traitement car nous insistons très lourdement, surtout que les nuits sont de plus en plus chaotiques.

Le traitement RGO mis en place, l’alimentation augmente petit à petit. Mais c’est sans compter sur son système immunitaire bien mis à mal qui nous enverra en hospitalisation 3 fois (Roséole, gastro puis un foyer pulmonaire qui finira en Réa avec une ventilation non invasive pendant 6 jours et qui aura mis fin à l’allaitement).

Le poids ne remonte pas vraiment vu les maladies qui s’enchaînent. De plus elle est toujours enrhumée depuis la naissance donc ça n’aide pas à s’alimenter. Les nuits s’améliorent un peu niveau pleurs mais maintenant nous avons le droit à des insomnies allant de 2 à 6h du matin que le pédiatre justifie par sa présence dans notre chambre.

La période de bronchiolite encombre le service de Necker, elle aura sa première hospit à 17 mois. Malheureusement elle se chope la grippe H5N1 et un coronavirus donc certains examens sont annulés. Des mots tombent: dénutrition sévère, chute de l’hormone de croissance, gastrostomie , chirurgie pour le reflux.
On encaisse, durement mais on encaisse.
Les pédiatres de Caen ne nous ont pas préparé à ça. C’est un choc. Mais on accepte l’opération car si le retard n’est pas rattrapé avant ses 2 ans on n’y arrivera pas. Malheureusement à 18 mois elle fait 6kg5 et 70 cm et si on ne fait rien sa croissance ne va pas suivre du tout.

Une autre hospitalisation est prévue dans 2 mois. Et la chirurgie 10 jours après. La Micro mange de mieux en mieux, elle veut manger seule, mange donc moins mais des aliments plutôt caloriques.
Elle remonte petit à petit sa courbe de poids et de taille. La deuxième hospitalisation révèle qu’en plus de son RGO, son palais creux et son frein de langue (coupé), son intolérance au lactose, elle fait depuis sa naissance des apnées du sommeil qui l’empêchent de faire des nuits correctes, de produire correctement l’hormone de croissance et aussi lui fait brûler beaucoup de calories.
Le Professeur A. revoit Esaïe juste avant sa fibro sous anesthésie et sur conseil de l’ORL demande une ablation des végétations qui obstrue les voies respiratoires. ça sera fait en même temps que la fibro.
Depuis la dernière hospitalisation Esaïe a repris 800g, chose qui ne s’était jamais produite. Au vue des quantités qu’elle mange désormais (pas astronomique mais qui comble pour le moment ses besoins) et de son aspect physique, la gastrostomie est annulée.

Et un diagnostic a été posé.

Esaïe est atteinte d’un trouble congénital de la succion et de la déglutition, sans séquence de Pierre Robin.
Enfin on peut jeter à la poubelle ce diagnostic d’anorexie, de troubles psychologiques qu’on nous martèle depuis le départ (pédiatres, pédopsy …).
C’est un trouble qui s’atténue et se fait oublier une fois la rééducation faite et à partir du moment où l’enfant mange seul.

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Le RGO faisant parler de lui on ré-augmente les doses. Nous sortons d’hospitalisation avec enfin un diagnostic, et une promesse d’une vie nouvelle.
Depuis le 13 mars 2015, notre vie a changé.
La Micro mange comme un enfant de son âge, elle respire enfin et surtout dort la nuit. Elle a repris encore du poids, elle a grandit et comme nous disent les gens qui la connaissent:

ELLE RAYONNE !

 

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7 bonnes raisons (ou pas) de ne plus allaiter.

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 07-04-2015

Et voilà, mamie vient de vous reposer encore une fois cette maudite question qu’elle vous pose à chaque fois qu’elle vous voit allaiter le petit dernier (voire l’avant dernier en même temps d’ailleurs).
Et pour la énième fois, vous vous apprêtez à répondre le traditionnel « jusqu’à ce que il/elle ou moi en ai marre ».
STOP !!!!!

Pour une fois on va arrêter de mettre les formes pour ne pas offusquer mamie, après tout il y quelques semaines elle a sous-entendu (limite vous a clairement dit) que vous n’aviez pas maigri depuis l’accouchement et qu’on attend toujours que le deuxième bébé daigne enfin sortir.

Alors pour une fois on va lui faire grincer les dents.
Pour que l’effet recherché soit obtenu, il est primordial que les réponses suivantes soient énoncées avec un large sourire bien condescendant.

1: « J’arrêterai quand le directeur de son collège me poursuivra pour exhibitionnisme à la sortie de l’école »

2: « Quand il aura son appareil dentaire ça sera sûrement trop douloureux. Mais bon je tirerai mon lait… »

3: « Quand son mari me demandera de lui donner le sein à lui aussi. »

4: « Quand sa barbe me chatouillera trop. »

5: « Quand il sera assez grand pour préparer son biberon tout seul à 4 heures du matin. »

6: « Quand il aura fini de téter tous mes kilos en trop. »

7: « Ah parce qu’il faut arrêter un jour ? »

Si vous arrivez à prendre sa réaction en photo n’hésitez pas, envoyez la moi !

 

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Grande Encyclopédie du Morvique (Tome III)

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 17-12-2014

Il m’aura fallu pas moins de 18 mois d’étude approfondie du Morvique pour pouvoir rédiger ce Tome III.
À ce stade de l’étude, j’estime que les Tomes Ier et II sont acquis, je ne reviendrai pas sur les notions déjà abordées.

Pendant ces 18 mois j’ai découvert que le Morvique est en
fait une ramification incroyable de patois allant du Morvique du niveau le plus basique, le Morvique Razmoket qui se développe ensuite en Morvique Kourpartou décliné en plusieurs patois (je vous parlerais d’ailleurs d’un nouveau patois que j’ai découvert en plus du Tayanien et du Tichatien que je vous ai déjà présentés: le Zaïnien). Le Morvique évolue ensuite en Morvique Kécécé.

J’ai enfin trouvé, pendant ces 18 mois le chainon manquant, entre les langues que nous connaissons aujourd’hui et le Morvique, j’ai nommé: Le Morvique Décol.

Le Morvique Décol voit apparaitre des phrases structurées,même si l’on n’y trouve pas forcément le schéma Sujet/verbe/objet.
Les conjugaisons des verbes sont très différentes de ce que l’on connait: exemple en Morvique Décol Tayanien (MeDoTa) le verbe prendre à la première personne du singulier du passé composé se conjugue « j’ai prendu ».
En Morvique Décol Tichatien (MeDoTi) la conjugaison du verbe disputer voit une lettre essentielle disparaitre pouvant amener des quiproquos: « Tyler fait des bêtises alo la maîtesse dipute »

Cette nouvelle capacité à communiquer réjouit grandement le pratiquant du Morvique Décol puisqu’il parle trop beaucoup sans réellement être intelligible.
« Et ben en fait … Je pensais que … Peut-être … D’abord … Je croyais … Je voulais … Je t’aime fort »

Le Morvique Décol laisse également émerger la première forme écrite du Morvique avec l’apparition de caractères relativement semblables à notre alphabet mais dont l’organisation me semble totalement illogique.

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Indigène parlant MeDoTi

 

En parallèle de cette incroyable découverte révolutionnant le monde de la linguistique.
J’ai été confronté il y a quelques semaines à un nouveau patois morvique le Zaïnien.
Il est encore aux prémices du Morvique Kourpartou, à cet instant charnière où le Morvique Razmoket évolue en Kourpartou.
Je croyais que les nouveaux patois prenaient leurs bases sur les anciens et les déclinaient à leur façon, mais en fait les grandes similitudes entre le patois Tichatien et le patois Tayanien m’aveuglaient.

Le Morvique Kourpartou Zaïnien (MeKuZa) est totalement différent des 2 autres que j’ai pu observer.
En effet la Yayatte que nous connaissions dans le MeKuTi se dit Aya en MeKuZa.

Je n’ai pas encore découvert beaucoup de mots en MeKuZa,les principaux étant :
Dada: Figure paternelle
Maman: Figure maternelle (ou paternelle parfois)
Nanin: Rituel consistant à prendre un autre être vivant (ou pas) dans ses bras et le serrer fort contre soi.
Caca ou Tata: Sécrétion odorante produite trop souvent.
Nan: Onomatopée d’opposition stricte accompagnée généralement par un mouvement latéral de tête.
Sa: Animal poilu de la famille des félidés qui peut aussi être interpelé par un claquement de langue.

Je termine ici le Tome III pour vous laisser assimiler toutes ces nouvelles connaissances.

 

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On est le 30 …

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 30-11-2014

Novembre se termine aujourd’hui.

Il était temps, ce mois a été un enchevêtrement d’évènements aussi variés et ambivalents les uns que les autres qu’un bilan est bien difficile à faire.

Mais je n’ai pas envie de me morfondre, je vous épargne donc mes premiers cheveux blancs, mes soucis de famille maternelle, l’hospitalisation de la micro etc … Je vais plutôt vous parler de ces évènements qui m’ont donné le sourire ce mois-ci et qui m’ont permis d’encaisser le négatif.

En premier temps, nous avons passé 4 jours formidables chez une mamuniste nauséeuse au grand cœur. Les enfants se sont marré comme des fous, les adultes en ont fait autant entre 2 bâillements.
J’y ai trouvé un super hobby: laisser des messages subliminaux sur un frigo avec des lettres aimantées.

Nous sommes aussi devenus des experts en dissimulation de « jouets-musicaux-particulièrement-soûlants ».
On a réalisé qu’on aimait suffisamment nos enfants pour les emmener dans un parc expo plein de structures gonflables où il y avait 2 énormes mascottes poilues aux chorégraphies fantastiques sur un fond de musique déneuronisante.

Ensuite, il y a eu un évènement majeur, la réponse à: « Pourquoi ma femme est-elle amorphe dans le canapé depuis 1 mois ? »
Non, ce n’est pas devenu un homme, elle a juste perdu à nouveau son statut de boudoir pour redevenir une vraie Madeleine avec un gros ventre.

Et oui, il y aura un quatrième dans 7 mois maintenant … Soit 22 mois après la Micro, 44 après le Morveux, 66 après la Morveuse.

On l’attendait pas si tôt, on ne le voulait pas si tôt, mais une fois de plus les statistiques ont eu raison de nous en dépit des moyens déployés … Un alien s’est installé, Nano naîtra en Juin 2015.

On a enfin réussi à jouer à MOsTradamus, un jeu que l’on m’a offert il y a un an, et qui nous a offert une énorme barre de rire, merci Caro et Anne-Laure ;)

La Micro s’est enfin mise debout sans appui et en a profité pour se mettre à marcher toute seule.

Et puis il y a toutes ces petites anecdotes rigolotes que vous font vivre vos enfants.

Entre les associations hasardeuses de mots, comme les pommes noisettes qui deviennent des « pommes roulettes », les 2 grands qui se mettent à chanter dans la voiture, en insistant sur les quelques mots qu’ils ont compris (ou presque), la Morveuse qui montre chaque jour un peu plus d’affection et de responsabilité à l’égard de sa fratrie, le moment d’angoisse qui m’envahit quand j’entends « Papa, on a fait un parcours d’obstacles dans ma chambre », les courses de Majorette avec les 2 grands sur le dos et les jambes de la Micro.

Et surtout, c’est le mois où je me suis remis à écrire ici.

Edit du 24/01/2018: Ou pas …

 

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C’est l’anniversaire de Pile-Poil l’Étoile !

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 14-11-2014

Et ouais, aujourd’hui le chien a un an ! Mais on s’en fout, il est moche, con comme un manche et il pue.

Mais aujourd’hui c’est aussi et surtout l’anniversaire de ma femme. Je vous en ai déjà parlé, c’est une belle rousse à l’opulente … oups, pas sûr que ça vous intéresse ça.
Cette belle rousse prénommée Anne-Sophie, je l’ai rencontrée en 2006 sur un forum d’un groupe de musique locale: À fond d’cale. C’est un petit groupe sympathique folk/chants de marins bien qu’ils aient pris un peu la grosse tête depuis qu’ils jouent à Caen ou Granville … Tu m’étonnes avec une notoriété pareille, il y a de quoi prendre des chevilles hein ?

Bref, je l’ai rencontrée là-bas, avec une de ses amies, sa sœur, et quelques autres siphonnés de la cafetière dont le papa de Salomé dont je vous ai déjà parlé ici.

Et puis un jour en décembre 2006, on s’est rencontrés en vrai à un concert d’À fond d’cale. Et là, j’ai eu le coup de foudre.

 

Du coup, je lui ai un peu couru après, j’ai joué les séducteurs fous et en janvier 2007 elle s’évanouissait dans mes bras (c’est une image hein, rassurez-vous).
On a commencé une relation comme ont les jeunes de 20 ans, ni trop superficielle, ni trop sérieuse, mais moi j’étais amoureux fou.

 

En décembre 2007, on décide d’emménager ensemble, au grand désarroi de ma mère qui dorénavant se comporte avec ma tendre et douce comme la belle-mère dont vous n’avez jamais rêvé. Elle a beau dire bien des choses sur ma grand-mère paternelle, elle ne vaut pas mieux en matière de brue.

En janvier 2008, la Madeleine ayant terminé ses études, et nous heurtant tous 2 au chômage, nous partons en Guyane, à l’aventure.

 

Après quelques mois de plage, de carnaval, de tortues luths et de Belle Cabresse, je lui propose en décembre 2008, de faire un enfant avec moi. C’est alors qu’elle s’est jetée sauvagement à mon cou en pleurs, c’est pas comme si ça faisait 2 ans qu’elle me harcelait presque quotidiennement pour ça.
En Janvier 2009, alors qu’elle me harcèle comme d’habitude pour connaître son cadeau de Saint-Valentin, je la demande en mariage, elle rechiale encore comme une Madeleine dans mes bras.
On commence à faire nos projets de mariage, on se mariera en Janvier 2010, je lui fais ma demande officielle avec la bague et tout au restaurant le 14 février 2009, comme je l’avais prévu.

 

Le jour même, on apprend que la Morveuse arrivera dans quelques mois, en décembre 2009 pour être précis, ça pète tous nos projets de mariage, les essayages de robe pendant la grossesse pour un mariage post-partum est inenvisageable. On reporte donc, on verra ça après la naissance de la Morveuse.

En décembre 2009, commence ma nouvelle vie, celle de père de famille, celle que j’ai l’intention de mener aux côtés de ma femme.

Le 29 décembre au soir, la petite Jahya naît au Centre Hospitalier André Rosemon de Cayenne, après 12h de travail difficile.

 

Ma vie est métamorphosée, elle se fait de bonheur, de bisous, de câlins et de tétées.
Ma femme devient mère tout en sachant rester femme, en plus la voici avec une énorme poitrine avec l’allaitement, je suis au paradis.

Le 27 février 2010, on se dit oui à la mairie de Roura en Guyane, juste elle, moi, Jahya et 2 collègues de travail comme témoins. Toute notre famille porte enfin le même nom, nous sommes unis pour toujours, pour le meilleur et pour le pire.

En Juin 2010, cela fait 2 mois que l’employeur de la Madeleine ne la paye plus car ils n’ont plus de sous dans les caisses. Son salaire représente les 2/3 de nos revenus, on se replie donc en métropole en Urgence chez nos parents en Août.

 

Une fois les soucis financiers réglés, nous avons déménagé à Bordeaux, où nous avons coulé des jours heureux.
En Juin 2011, j’ouvre ce blog, la Madeleine semble sceptique de l’intérêt que pourraient avoir les gens pour ma vie, mais après tout si j’en ai envie pourquoi pas.

Le 20 octobre 2011, un nouvel être vient compléter la famille, il s’appelle Elijah, il est né dans mes bras, chez nous, sans stress, c’est un des plus beaux moments de notre vie.

En septembre 2012, nous déménageons à Rouen en cohabitation avec de très bons amis.
Ça ne tourne pas comme on l’aurait voulu, désaccord d’organisation, tensions entre les enfants se propageant sur les parents, manque cruel d’intimité, ce n’était pas une très bonne idée finalement.
En Octobre on prend donc un appart pourri tout près de Rouen, on y passe une année difficile car le coin ne nous plaît pas, l’appart est vraiment pas fonctionnel, mais je dois finir ma formation.
On rencontre néanmoins à Rouen une bande de mamunistes qu’on apprend à apprécier une fois qu’on a décidé de partir.

On a cependant gardé des liens très forts avec certaines de ces familles qui nous ressemblent plus ou moins, on se fait des petites réunions de temps en temps encore maintenant.

 

On déménage alors à Clécy, en Août 2013 dans une maison formidable c’est une bouffée d’air formidable, on a enfin trouvé un chez nous où on a envie de rester longtemps, d’y faire notre vie.

Le 28 août 2013, la petite Esaïe vient agrandir la famille, elle naît le lendemain du déménagement, malheureusement loin de Rouen et de notre projet d’AAD, sa naissance est violente, elle nous reste sur le cœur.

Depuis, notre vie est assez difficile, entre mon chômage et notre vie de famille rythmée par les RDV médicaux pour la Micro. Notre couple a beaucoup souffert ces derniers mois, mais on a réussi à se reprendre à temps et on repart sur un meilleur pied.

Pourquoi ce long article sur ma Madeleine en ce 14 novembre ?

Et bien pour lui faire ce cadeau, en plus de celui qu’elle recevra tout à l’heure par la Poste, de lui dire que je l’aime plus que tout, qu’elle est incontestablement la femme de ma vie, la seule qui compte pour moi, celle qui me maintient en vie chaque jour, celle contre laquelle j’aime me blottir pendant des heures, celle avec qui j’ai tant aimé vivre toutes ces aventures, celle qui m’a fait cadeau de 3 magnifiques enfants, celle que je supplie de me pardonner pour tout ce que j’ai pu faire ou lui dire qui ai pu la faire souffrir, lui dire que je l’aimais, que je l’aime et que je l’aimerai …

 

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1 pas en avant, 2 pas en arrière.

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 26-04-2014

Vous suivez peut-être déjà les (més)aventures de la micromorveuse sur la page Facebook du blog ou sur celle du blog de la Madeleine.
C’est une longue aventure semée d’embûches que je vais essayer de partager avec vous.
Parce que j’ai besoin d’en parler, et en espérant que ça aidera certains parents pouvant rencontrer les mêmes difficultés.

Si vous voulez prendre des nouvelles fraîches de la micro, passez plutôt sur la page, ici je vais tout reprendre du début et ça se fera sur plusieurs articles donc ça ne sera pas aussi frais que sur la page.

Nous connaissons des problèmes de prise de poids pour la morveuse depuis sa naissance.
Elle a mis 21 jours à reprendre son poids de naissance, elle prenait 300 grammes par mois. Bien insuffisant, mais la seule suggestion des médecins étant « Passez la au Lait Artificiel » on s’est pas mal voilé la face et on s’est dit que c’est parce que c’était un petit gabarit comme sa sœur.
La Madeleine a quand même essayé de faire de la compression du sein pour augmenter le débit pendant les tétées, on a essayé de complémenter avec des biberons de LM après les tétées.
Le transfert de lait se faisait bien, elle remplissait bien ses couches, elle était éveillée et tonique, donc on ne s’alarmait pas trop.

Passés ses 3 mois, les tétées sont devenus plus courtes et répétées car elle était enrhumée en permanence et avait donc du mal à respirer pendant les tétées. Respirer ou manger, le choix est vite fait.
Nous avons pas mal consulté pour son rhume permanent, la réponse thérapeutique a toujours été la même: Lavage de nez au Sérum physiologique et Pivalone.

En Janvier, elle nous a fait une bronchiolite avec un foyer pulmonaire, elle nous a fait 1 semaine d’hospitalisation pendant laquelle elle a perdu 200 grammes.
Une fois qu’elle s’est stabilisée, nous sommes rentrés à la maison et depuis sa courbe de poids décollait à peine.

Nous avons commencé la diversification car elle commençait à s’intéresser à nos assiettes. Ce n’était pas très concluant. Une cuillère par ci, une cuillère par là, 2 tétées d’un bâtonnet de carotte, rien de bien nourrissant.

Mi-février, une consultante en lactation LLL diagnostique un frein de langue postérieur sous-muqueux trop court à la micro et nous conseille de lui faire couper.
Les ORLs veulent une lettre du médecin pour prendre RDV, aucun médecin ne reconnait le frein de langue trop court. On n’avance pas.

Le 5 mars, après une consultation avec un médecin vraiment alarmé par le poids de la micro mais qui nous suggère de voir comment ça évolue sur un mois en forçant un peu la diversification, on commence à réellement s’inquiéter.
9 jours plus tard, elle n’avait pas repris un gramme, elle avait même perdu du poids.

On décide donc de l’emmener aux Urgences Pédiatriques de Falaise.
Bilan alarmiste du pédiatre, elle est dénutrie.
il pose un premier diagnostic: la Madeleine n’a pas assez de lait (les clichés ont la vie dure).
Si pas de prise de poids dans les 24h, ils la mettent sous gavage de lait artificiel.

Le lendemain, – 50 g sur la balance. Il faut la mettre sous gavage.
Première lutte de la Madeleine (Et oui fallait que ça tombe pile poil [aucun rapport avec l’animal] quand je retrouve du travail) pour que ce soit du lait maternel dans la seringue de gavage.
Ils finissent par céder, mais il faut fournir 240 ml de LM par nuit.

La Madeleine n’ayant jamais tiré de lait sur cet allaitement, la mise en place du gavage au Lait Maternel s’annonce difficile. Heureusement, nous avons des amies très solidaires, nous avons reçu des dons de Lait Maternel de Rouen que je suis parti chercher un dimanche après-midi. C’était mon premier go-fast pour nourrisson.
Un stock nous attendait aussi à Rennes, mais la Madeleine a réussi à stimuler suffisamment sa lactation pour que le stock Rouennais suffise à couvrir les besoins.

Le verdict du Pédiatre tombe, la micro souffre d’anorexie du nourrisson causée par un lien trop fusionnel avec sa mère.
C’est le début d’un long combat entre parents et personnel soignant.

Le verdict du Pédiatre tombe, la micro souffre d’anorexie du nourrisson causée par un lien trop fusionnel avec sa mère.
C’est le début d’un long combat entre parents et personnel soignant.

En effet, dans un premier temps, le diagnostic nous paraît peu probant.
Une anorexie du nourrisson, pourquoi pas. Mais causée par un lien trop fusionnel avec sa mère, à un âge (7 mois) où l’enfant n’a pas conscience de son être et où il croit être une partie de sa mère, ne tient pas la route.

On laisse l’équipe travailler sur son diagnostic (on ne sait jamais) et leur suggérons les pistes auxquelles nous pensons.
Nous leur parlons du frein de langue, selon le pédiatre, ça ne la gène pas.
Nous leur rappelons qu’elle est enrhumée en permanence depuis 4 mois malgré les lavages de nez et les corticoïdes et que la piste allergique pourrait être intéressante à explorer.
Le pédiatre est très sceptique mais nous consent une prise de sang, envoyée à Paris, le Prick Test (test cutanée) viendra plus tard après le résultat de la prise de sang (délai 10 à 15 jours).
Nous leur parlons de ses vomissements dès qu’on essaie de la complémenter et suggérons de faire un TOGD (Transit œso-gastro-duodénal) ou une échographie de l’estomac afin de chercher une potentielle anomalie.
Le pédiatre nous répond qu’on l’envisagera si besoin et que de toutes façons c’était impossible qu’elle était un estomac trop petit, que cela n’existait pas. En attendant, on va commencer à la diversifier et lui donner le biberon 4 fois par jour.

Là on a compris qu’ils n’avaient absolument pas écouté ce qu’on leur avait dit sur nos essais de diversification et sur son refus obstiné du biberon.
Nous avons vraiment l’impression d’être des mythomanes illuminés à leurs yeux.
C’est là que nous avons compris qu’ils avaient pris la Madeleine en grippe, que tout était de sa faute et qu’ils ne décolleraient pas de leur diagnostic douteux.

Nous faisons venir nous-même à l’hôpital une orthophoniste, locale, spécialisée dans les troubles de l’oralité pour avoir son avis.
Elle détecte un frein de langue sous-muqueux important (tiens donc, on s’y attendait pas) et nous encourage à consulter un ORL car elle n’a pas les compétences pour poser le diagnostic sur les troubles physiques. Elle détecte également un problème de synchronisation « Respiration-Succio-Déglutition » probablement dû à son nez bouché en permanence. Comme elle nous le dit « Quand vous devez choisir entre manger et respirer, le choix est vite fait ».
Elle transmet son diagnostic au pédiatre qui s’en tape comme de l’an 40 et insiste sur le fait que son frein de langue ne la gène pas, et que ce n’était pas du ressort de ces pseudo-professionnels (NB: comprenez les orthophonistes, consultants en lactation, ORL spécialisés, ostéopathes etc …).

Ils essaient tant bien que mal la diversification et l’introduction de biberons de Lait Maternel sans succès, dans les cris et les larmes de la micro. La Madeleine leur dit que c’est de l’acharnement, qu’ils n’avancent à rien, qu’ils arrivent juste à faire pleurer la petite, qu’il serait temps d’envisager d’autres pistes.

Le pédiatre lui répond que le problème c’est elle, que tant qu’elle sera là ils ne pourront pas avancer, qu’elle doit leur laisser la petite seule pendant 48h (Nous apprendrons plus tard, que la micro n’est pas leur premier patient dans ce cas, ils ont déjà utilisé la technique des 48h seul avec l’équipe et cela a eu des répercussions telles que la petite fille a encore de sérieux problèmes avec son alimentation et de gros troubles de l’oralité à 3 ans et demi).

Elle leur rappelle qu’un enfant a le droit à la présence permanente d’un de ses parents (on peut même leur prouver en temps réel, c’est affiché dans la chambre), que sa fille a besoin d’elle.
Le pédiatre lui signale que dans ce cas, cela veut dire que tous les autres parents sont maltraitants puisqu’ils laissent leurs enfants seuls en pédiatrie.

La Madeleine leur suggère alors (ne négligeant toujours pas le diagnostic d’anorexie porté par l’équipe) que je prenne la relève aux côtés de la micro dès que mon travail me le permet.
Le pédiatre dit à la Madeleine qu’elle s’enfonce dans le « refus de soin », le terme est choisi et lourd de sens, nous comprenons que nous avons intérêt à vite trouver des solutions si nous ne voulons pas que cela dégénère en problèmes avec les services sociaux.

Nous décidons de chercher nous-même nos spécialistes pour soigner la Micro et commençons la rééducation de l’oralité avec l’orthophoniste malgré l’accueil froid de l’équipe à son égard.

Nous décidons de chercher nous-même nos spécialistes pour soigner la Micro et commençons la rééducation de l’oralité avec l’orthophoniste malgré l’accueil froid de l’équipe à son égard.

Nous trouvons plusieurs spécialistes, certains de nous-même, d’autres par le biais de Charlotte (l’orthophoniste), d’autres par Isabelle (La Leche League), d’autres par des personnes rencontrées à une formation RENOAL comme Nadège.

Notre emploi du temps s’annonce chargé, nous demandons donc des permissions pour aller voir ces spécialistes.
Le pédiatre nous dit qu’il ne peut rien faire pour nous puisque l’on sait déjà tout, donc il nous renvoie chez nous avec mise à disposition d’une pompe de nutrition, d’un scope, d’un nébuliseur (pour son encombrement ORL qui traîne depuis le début, mais dont on ne se soucie guère si ce n’est fluidifier tout ça).
En gros le message c’est: « Moi j’ai posé un diagnostic, j’ai décidé de mon schéma de soin, j’en ai rien à branler de ce que vous me suggérez, donc démerdez-vous chez vous avec mes idées. »

Au début ça va plutôt bien, la prise de poids se poursuit. Au bout de 4 ou 5 jours ce sont les vomissements qui s’amplifient pour devenir quasi-systématiques à chaque gavage.
Nous allons le lendemain en pédiatrie ou on lui prescrit un anti-émétique sans réellement chercher la cause des vomissements.

En parallèle, la Madeleine contacte le CREFAM (Centre de Recherche, d’Evaluation et de Formation à l’Allaitement Maternel) où la secrétaire prend note des problèmes de la micro et en réfère à un médecin formateur au CREFAM.
En même temps, Nadège parle de nos problèmes avec un médecin avec qui elle est en formation qui se trouve être le médecin formateur suscité.

Le médecin du CREFAM nous recontacte et nous oriente vers un Médecin ORL à Paris pratiquant les freinectomies car tout lui semble être un problème de frein de langue, surtout s’il a été diagnostiqué par 2 personnes qualifiées auparavant.
Nous prenons RDV avec l’ORL en question, RDV pour un diagnostic et freinectomie si il y a bien un problème de frein dans une semaine.

2 jours plus tard les vomissements ne s’améliorent pas et les nuits s’illustrent de grandes crises de pleurs.

Nous retournons en pédiatrie où le pédiatre nous dit: « Je ne vois pas ce que cela peut être, surtout qu’il n’y avait rien au TOGD ».
Ahahahahah, il n’y avait donc rien au TOGD que nous réclamons depuis le début et qu’on nous a toujours refusé.
Nous signalons donc au pédiatre qu’il n’y a jamais eu de TOGD de fait. Il nous fait donc une ordonnance pour le produit de contraste et RDV dans 3 jours pour le TOGD et pour un IPP (pour les acidités de l’estomac) que nous avons réclamé car tout laissait penser à un RGO (Reflux Gastro-oesophagien) ou une œsophagite.

Nous montons à Paris voir l’ORL qui diagnostique un frein de langue sous-muqueux type 4 (donc très serré), et lui coupe au laser sous anesthésie locale.
Nous sortons du RDV, la micro nous tire la langue en permanence, ça a l’air d’être une libération pour elle.

Arrive le TOGD, la micro vomit toujours et pleure toujours la nuit.
Le TOGD révèle un RGO et un rétrécissement au niveau du pylore (sphincter situé à la sortie de l’estomac régulant la vidange de ce dernier) suggérant une sténose. Il nous prescrit une échographie dans 4 jours pour vérifier si il s’agit bien d’une sténose et nous donne rendez-vous 11 jours plus tard pour envisager une opération si il y a sténose et envisager d’autres examens si il n’y en a pas.

Les vomissements se calment le soir même, mais les douleurs persistent.

L’échographie ne révèle pas de sténose, dans un sens nous sommes rassurés, il n’y aura pas d’opération.
Dans un autre sens, nous sommes anxieux, nous ne savons toujours pas ce qu’a notre fille.

Le médecin ne veut pas avancer son RDV, pour nous il est inconcevable d’attendre une semaine de plus avec la Micro qui souffre autant.

Nous prenons la décision de voir ailleurs, nous partons aux Urgences Pédiatriques du CHRU de Caen.

Nous prenons la décision de voir ailleurs, nous partons aux Urgences Pédiatriques du CHRU de Caen.

Arrivés aux Urgences Pédiatriques, nous avons fait un résumé au pédiatre. Ils ont décidé d’enlever la sonde de gavage et de prendre la Micro en hospitalisation. Ainsi qu’un check-up sanguin/immuno/hormonal.
Dès le retrait de la sonde, la micro a tété goulument sans régurgiter ensuite.

Arrivés en pédiatrie, ils ont demandé le dossier médical de la micro à l’hôpital de Falaise et ont prévenu la Pédiatre spécialisée dans les troubles de l’oralité de sa présence au CHRU.

Le lendemain, un Pédiatre est passé, il a suggéré de voir ce que donnait une alimentation normale après le retrait de la sonde.
La Micro a mangé plus que d’habitude, c’était bon signe.

Le jour suivant, la micro avait perdu 70g.
La Madeleine a pleuré toutes les larmes de son corps.
Le personnel soignant s’est montré rassurant, qu’il était normal qu’elle ne reprenne pas de poids aussitôt après le retrait de la sonde.
Il lui ont dit qu’elle avait surtout besoin de retrouver le plaisir de manger, et que pour ça il fallait éliminer la source du RGO (la sonde) et tout facteur de pression ou de stress en rentrant tranquillement à la maison.

Puis elle a eu la visite du Pédiatre spécialisé en oralité qui a fait un bilan de tout ce qu’il s’était passé. Elle nous a donné une liste de pédiatres qu’elle nous recommande pour effectuer le suivi en ville, elle nous dit également de continuer l’orthophonie, de ne pas braquer la micro sur la nourriture, que la priorité numéro un était de lui redonner envie de manger, même si pour ça, elle devait se nourrir exclusivement de saucisson.

Nous rentrons donc à la maison avec la Micro qui sourit (ça faisait un moment que cela ne lui était pas arrivé).

3 jours plus tard, la Micro a retrouvé un peu d’appétit (mais c’est encore insuffisant à notre gout) et beaucoup de tonus. Arrive le Rendez-vous prévu avec le Pédiatre de Falaise. J’y vais tout de même avec la Micro, histoire d’en finir avec lui.
Je lui fais le bilan de ce qu’il s’est dit au CHRU de Caen, que la Micro a retrouvé l’envie de manger depuis le retrait de la sonde.
Il ne démord pas de son diagnostic initial, selon lui, toute l’amélioration s’est faite grâce au gavage, cela lui distendu l’estomac et n’étant plus habituée à téter toutes les 2 heures, elle a appris la satiété et la faim, ce qui fait qu’elle mange normalement.
Je lui demande de la peser, lui dit mes 4 vérités, hasta la vista.
La bonne nouvelle, c’est que la micro n’a pas perdu de poids, mais elle n’en a pas pris non plus.
On se rassure, déjà elle ne perd plus de poids sans gavage c’est positif.

Nous mettons en place notre planning professionnels de santé avec le RDV chez l’orthophoniste le Jeudi et le RDV chez le Pédiatre à Caen le vendredi et ça toutes les semaines.

Chez l’orthophoniste, grand bond en arrière, la micro se montre réticente, selon l’orthophoniste, cela est du à la section du frein de langue et aux massages nécessaires pour empêcher la reformation de ce dernier. Ce n’est pas grave, ce qui a déjà été fait peut être refait, ce n’est qu’une question de temps. On reprend donc la rééducation à zéro.

Le lendemain, premier RDV chez le pédiatre. On découvre un pédiatre très à l’écoute, qui prend le temps de réfléchir avant de parler et qui explique tout à la Micro.
Ça change de l’autre trou du c** de Falaise.
Pour lui, le facteur déclencheur est le frein de langue qui ne permettait pas à la Micro de téter efficacement, son encombrement permanent, surement du à une allergie ou un RGO, cumulé à la baisse de lactation de la Madeleine due à la diminution des tétées du Morveux ont aggravé la chose. Selon lui, l’hospitalisation et l’obstination du personnel à vouloir la forcer à manger l’ont amenée au dégout de la nourriture et donc à l’anorexie. Le gavage quand à lui, lui a supprimé toute notion de faim et de satiété.

Il confirme donc le diagnostic du Pédiatre du CHRU et nous donne la même ligne directrice, redonner gout à la nourriture à la Micro.
Pas de changement à la balance.

Pendant 4 semaines, les RDV vont se suivre, avec une micro qui reste dans l’opposition et qui ne prend pas un gramme.
Comme si elle n’avait pas assez de soucis, un muguet est venu s’installer dans sa bouche.
Puis la semaine dernière, elle a eu un déclic à la fin de son muguet (qui, à mon avis devait être douloureux), elle a recommencé à manger un peu plus et surtout à téter efficacement, il y a eu un frémissement sur la balance.

80g de pris en une semaine. C’est très peu, mais pour nous c’est énorme, on fait la fête chez le pédiatre, la micro éclate de rire, l’espoir renait malgré une varicelle naissante (quand je vous dis que cette gamine a la poisse …).

Malgré cette prise de poids et du regain d’appétit, la Micro reste très tendue et colérique (sans aucune notion de caprice comprenons-nous bien hein, je vois les mamunistes venir :D ), on prend RDV chez la kinésio pour voir si elle peut faire quelque chose.

 

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Ce soir, j’ai regardé les Maternelles

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Publié par Zhom | Classé dans Non classé | Publié le 16-02-2014

Ce soir, je vous écrivais un article sur les PLV et la Madeleine me dit: « Je viens de lire une discussion sur la page de la Leche League, tu devrais regarder l’émission des Maternelles de vendredi sur la place des pères dans l’allaitement. »
J’ai senti le coup foireux venir, mais bon, j’ai regardé quand même.

Ça s’annonçait pas trop mal avec un début d’émission sur l’accouchement sans stress, mais Julia Vignali se tourne vers son seul chroniqueur masculin et lui sort un « Votre ex-femme a allaité, vous avez récupéré le sein de votre femme au bout de combien de temps ? »
OK, en fait ça s’annonce mal.

Entrent ensuite les 3 invités:
Wilfried qui ne savait pas trop s’il voulait que sa femme allaite ou pas, il s’en fichait un peu.
Geoffrey qui était pour, mais pas trop longtemps
Et le docteur Jacky Israël, Pédiatre qui nous parle du couple bébé-mère dans l’allaitement, insistant sur le terme couple plutôt que duo.

Wilfried était convaincu que ça ne marcherait pas, sa femme ayant été opérée de la poitrine, elle n’aurait pas du pouvoir allaiter. Et puis si ils avaient donné le biberon, il aurait pu participer.
En plus au début, ça a été vachement compliqué parce qu’il faisait chaud et qu’il fallait que bébé s’hydrate à fond, mais le colostrum ça suffisait pas, alors il a dit à sa femme qu’elle devrait lui donner des biberons, parce que bon, c’est risqué. Il ne leur est pas venu une seconde à l’idée, le personnel soignant non plus, que l’eau qu’il y a dans le biberon, il aurait pu la donner au bébé, sans LA dedans pour le réhydrater ?
Mais une perfide puéricultrice est venue lui dire qu’il devrait mettre moins la pression à sa femme, et la soutenir un peu plus. Heureusement qu’elle passait par là elle.
Mais ça l’aura fait réfléchir, il a soutenu corps et âme sa femme, ça a payé, elle allaite encore aujourd’hui.

Geoffrey a 2 enfants, allaités longuement 13 mois puis 16 mois. À la fin des allaitements, il comptait les jours. Heureusement, l’allaitement du premier s’est arrêté à 13 mois naturellement, ou plutôt, si on y réfléchit une minute, à cause de la grossesse, puisque les 2 enfants ont 18 mois d’écart.
Le deuxième allaitement s’est arrêté à 16 mois naturellement selon Geoffrey, mais je pense que c’est plutôt parce que ça faisait 4 mois qu’il répétait à sa femme que son allaitement lui pesait, et que bon, une fois que bébé marche, fait des dents, il n’a plus besoin du lait de sa mère. Mais bien sûr.
Et puis c’est super compliqué d’allaiter (on y reviendra avec le pédiatre), c’est une réelle chance de pouvoir allaiter !

Pour le pédiatre, c’est extrêmement difficile d’allaiter. Il s’extasie des allaitements « longs » de la femme de Geoffrey puisque 13 mois ou 16 mois c’est exceptionnel.
Je compte d’ailleurs offrir prochainement la palme de la nichonneuse exceptionnelle à la Madeleine.
Il nous apprend que la femme de Wilfried a eu beaucoup de chance puisque l’allaitement est contre indiqué après opération. On en apprend tous les jours.
Bien souvent, ça ne marche pas, et puis c’est vachement compliqué aprés une césarienne. Faudra que j’en parle à Cécile, je pense maintenant qu’elle me ment avec ses 3 césariennes et ses 3 bébés allaités sans soucis.

À 33 minutes, la Madeleine et moi avons frôlé l’attaque en voyant une photo de Wilfried impliqué dans son rôle de père, portant son nouveau né en berceau en écharpe. Mais le sujet n’est pas là, concentrons-nous sur l’allaitement, on va pas râler sur 2 sujets différents.

La présentatrice se demande alors si il y a un Jalousie du père à l’encontre du bébé ?

En réponse, le pédiatre se lance dans un long monologue sur l’amour dans le couple, où bébé est une relation sexuelle non génitalisée, je perds un peu le fil de ses pensées, mais voyant le visage perplexe de Geoffrey, je suis rassuré, je ne suis pas le seul.
Nous retiendrons que le bain et le change sont des relations très riches, surtout le change d’un bébé allaité, nous ne pouvons pas le nier.

La présentatrice nous annonce alors le reportage sur la représentation des seins avec la phrase suivante: « Objet de tous les fantasmes tant qu’ils ne sont qu’à eux comment les voient-ils une fois qu’il faut les partager avec bébé »
Alors là, arrêtez-moi si je me trompe, mais les seins n’appartiennent-ils pas à la femme qui les porte ?
Nan parce que bon, ça reste sa paire de miches à elle tout de même, quelle que soit l’image, érotique ou nourricière, que l’on ai d’elles non ?
Le reportage débute, images de cabaret, lingerie, puis l’interview de 4 hommes où les mots-clés qui ressortent sont: sensuel, érogène, arme de séduction, élément érotique.
Il y en a un qui nous rappelle que lorsqu’il y a une montée de lait quand le mari titille le sein de sa femme: « Mère nature dit que le sein n’est plus le tien »
Encore une fois mon gars, ça a jamais été le tien, c’est son sein à ELLE !
Ceci dit, merci Pierre-Yves qui distingue sein érotique sein nourricier, mais bon un sur quatre c’est un peu faiblard les gars.
Et après on ose dire que ce sont les femmes le sexe faible hein ?
Comme dirait M dans Demain ne meurt jamais: « Peut-être, mais c’est mieux que d’avoir tout dans la culotte et rien dans la cervelle ! »

Puis l’intervention indispensable d’une psychanalyste: « Le sein est là dans l’imaginaire de l’homme pour compenser l’absence de son pénis. Et vaincre ainsi l’angoisse de castration de l’homme et lui permet d’accepter la femme comme un être normal. »
Donc comme on ne peut plus fantasmer sur la poitrine d’une femme qui allaite, ça fait d’elle un être abject finalement. Ça explique pas mal de choses.

Fin du reportage, Geoffrey nous dit que la libido pendant la grossesse et l’allaitement en prend un coup, on fait des concessions. Que ça vient de lui mais que ça serait bien qu’ELLE arrête d’allaiter pour que ça aille mieux.
C’est lui que ça gêne mais c’est à elle de faire des concessions, c’est un point de vue …

Selon le pédiatre, on sent une différence au sevrage ou à la sortie du bébé de la chambre quand la mère n’allaite pas, on n’a plus une mère devant soi mais une femme.
Ce que je ne comprends pas, c’est que ma fille est toujours dans notre chambre et que ma femme est toujours là.
Puis, il nous apprend qu’une femme qui allaite n’a pas besoin d’autre plaisir que d’allaiter, que ça couvre TOUS les autres besoins de la femme et que du coup quand ça dure longtemps c’est difficile pour le couple. Je reste coi sachant que ma femme a bien (trop ?) d’autres besoins malgré son plaisir à allaiter, comme me demander de lui préparer un lait d’épeautre, des cookies.
Mais en fait tout s’explique, puisque selon lui la durée moyenne de l’allaitement est de 6 mois, durée préconisée pour les bébés allergiques.
Je ne trouve pas de mots adaptés pour réagir à part : OMGWTFBBQ !

Wilfried n’a pas connu d’incidents de libido avec la grossesse et l’allaitement … Merci Wilfried … Bon, on ne connaît pas leur libido avant, mais …

Le Pédiatre tient à dire qu’il avait remarqué que lors des premiers mois après l’accouchement, la vie sexuelle était souvent difficile, mais probablement aucun rapport avec la tête d’environ 35 cm de périmètre qui venait de passer par là un peu auparavant.

Bref, une fois de plus on a trouvé une émission de télé traitant de l’allaitement avec pas mal d’infos erronées, comme la grande difficulté d’allaiter, le côté exceptionnel de dépasser les 6 mois d’allaitement, la contre-indication formelle à l’allaitement post-chirurgie mammaire, il est possible que l’allaitement soit rendu impossible, et encore les chirurgiens essayent au maximum de préserver cette fonction, mais ce n’est absolument pas contre-indiqué.
On y aura trouvé un reportage sur la représentation du sein où nous n’avons pas vu un seul bébé au sein, mais toute une panoplie de seins érotiques.
On nous présentait un reportage sur la place du père dans l’allaitement et avons eu un reportage aux 3/4 axés sur les troubles de la libido induits par l’allaitement, ou plutôt par la surérotisation du sein.

Pour conclure, j’hésite entre rire grassement de cette émission ou prendre un RDV chez un psy pour comprendre pourquoi ma libido n’est pas perturbée par 5 ans d’allaitement non-stop.

 

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